François Hollande présidera la prochaine Conférence des Parties à la fin de l’année et l’esprit de sa présidence se renforce à chaque étape avant cette conférence. Ses exhortations à Davos en janvier n’ont pas laissé de doute : le « réchauffement climatique » est le « grand défi du 21ème siècle », nécessitant « d’investir massivement » dans « l’économie verte ». Tout en représentant une « opportunité » et une      « capacité de croissance », le changement climatique s’associe aussi aux « luttes » contre la pauvreté et aux initiatives pour la paix. Lima a ouvert le chemin des négociations futures vers une présence du secteur privé plus active ; l’adresse de notre Président à 2,000 chefs des plus grandes entreprises mondiales a renforcé cet appel, faisant écho à une mobilisation plus large, au sein de la présidence française, mais aussi dans le monde.

Dans le contexte de “l’agenda des solutions” préparé et mis en œuvre par Paris depuis 2012, ceci continue de proposer une orientation positive pour la marche vers COP21. Il ne faut pas pour autant oublier que les négociations internationales ne parviendront pas à forger un accord légal contraignant sans que les pays s’accordent, au moins en principe, sur leur responsabilité respective quant aux émissions de gaz à effet de serre, et sans qu’ils reconnaissent l’engagement des entreprises à réduire les leurs.

Le secteur privé, s’il requiert un cadre légal, n’est pas contraint à attendre les dispositions politiques de la communauté internationale pour faire avancer la cause climatique. Le secteur privé a déjà amorcé une panoplie d’actions à fort impact: mesurer sa dépendance au carbone, mettre en place une comptabilité carbone interne, et comme le fait par exemple PepsiCo, engager toute sa chaîne d’approvisionnement dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. L’année 2015 peut être le moment de revoir ces ambitions à la hausse.

Un tournant dans le chemin vers Paris s’offre aux entreprises à l’occasion des négociations de la CCNUCC à Genève cette semaine. Le mandat des participants sera d’y créer un cadre légal basé sur les accords de Lima pour COP21. Genève sera ainsi l’occasion d’exprimer les intérêts et les engagements des entreprises afin qu’ils puissent être reflétés dans un accord international, ambitieux et contraignant, à la fin de l’année.

La COP marque un temps fort dans un processus plus large qui réunit les nations depuis près de 20 ans ; cette conférence s’inscrit de surcroît dans une vision post-2015, où un accord sur le développement s’alliera à un accord sur le climat pour renforcer la lutte contre la pauvreté et le dérèglement climatique.

A Lima, BSR et la coalition dont elle est co-fondatrice, We Mean Business, étaient sans équivoque : les secteurs privés et publics doivent coopérer. L’opportunité dont parlait M. Hollande n’est pas seulement stratégique, ni même économique, mais historique : le poids du secteur privé dans toute action mondiale à l’égard du changement climatique est non seulement reconnu, mais salué en tant que clef de voûte de toute solution concevable.