The Challenge

Avec plus de 8000 ouvriers agricoles salariés, AgroAmérica est l’une des plus grandes entreprises guatémaltèques du secteur de l’agro-alimentaire. De mauvaises relations entre l’entreprise, ses salariés et le syndicat ont provoqué des arrêts de production chroniques au sein de deux des plantations de bananes de l’entreprise Ainsi, malgré des conditions de culture bien plus favorables, la productivité de ces exploitations a chuté par rapport à la productivité d’autres exploitations privées. Au Guatemala, il n’est pas rare d’observer une grande méfiance entre les ouvriers et la direction des entreprises, une méfiance qui, malgré la fin de la longue guerre civile il y a 15 ans, reste d’actualité. En conséquence, le dialogue au sein des exploitations syndiquées est bien souvent inefficace et les arrêts de production sont fréquents.

Notre approche

Nous avons lancé ce projet en collaboration avec notre partenaire local, CentraRSE, et organisé des entretiens avec des parties prenantes internes et externes, dont les ouvriers, la direction, les délégués syndicaux, les représentants des confédérations de commerce et les ministères. L’objectif était de dresser un bilan à la fois du contexte national et de la situation spécifique des exploitations.

Afin de relever ce défi, nous avons élaboré une stratégie centrée sur une série d’ateliers rassemblant les ouvriers, les délégués syndicaux et la direction des exploitations. Nous avons fixé trois objectifs principaux pour ces ateliers : premièrement, renforcer les compétences des participants en matière de communication ; deuxièmement, démontrer que le travail en commun engendre des avantages mutuels et troisièmement,  construire la confiance entre les deux pôles en leur offrant l’occasion de travailler ensemble dans un environnement sécurisant.

Nous avons pensé que l’expérience positive vécue au cours des ateliers se traduirait par une amélioration de la collaboration et, par voie de conséquence, une amélioration de la productivité des exploitations. Les ateliers nous ont également permis de créer un espace sécurisant pour les participants afin qu’ils puissent s’exprimer sur des sujets difficiles, qu’ils n’auraient pas abordé dans un autre contexte, tels que la mauvaise communication avec leur hiérarchie et les actions contreproductives des ouvriers. Les ateliers ont également été l’occasion, pour les participants, de passer de la théorie à la pratique, par exemple en travaillant ensemble à l’analyse des modes de communication existants et à la définition concertée de nouveaux modes de communication.

Nos résultats

En l’espace de moins d’un an, le projet a permis de réduire de 20 % les arrêts de production, d’augmenter la productivité et d’aboutir à un accord pour atteindre l’objectif de plus de 15 % d’augmentation de la production en 2010. Les ouvriers et leur hiérarchie se retrouvent désormais par petits groupes afin de débattre des niveaux de performance vis-à-vis des objectifs. Les deux parties déclarent que la communication s’est améliorée, du point de vue de la qualité et de la fluidité. Par exemple, l’entreprise a installé des boîtes à idées sécurisées ainsi que des tableaux d’affichage destinés à la direction ainsi qu’aux ouvriers. Ils permettent d’afficher des informations telles que les chiffres de production, les informations relatives au développement personnel et professionnel ainsi que les annonces concernant les événements à venir.

Les ouvriers ayant participé à ce projet ont souligné avoir vu leurs salaires augmenter à brève échéance, ce que la direction justifie par des augmentations de la productivité. Toutefois, ils déclarent aussi subir la pression de certains de leurs collaborateurs qui continuent de remettre en cause la collaboration entre les ouvriers, les délégués syndicaux et la direction. Afin de répondre à cette problématique, nous avons décidé d’augmenter le taux de participation des ouvriers au programme afin d’améliorer l’appui globalement apporté au projet par les ouvriers. AgroAmérica envisage d’appliquer ce modèle dans ses autres exploitations.