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Reporting : 15 entreprises françaises ont utilisé la GRI G4 en 2014

AEF Développement Durable | octobre 2015

Par Sabrina DourlensDiffusion avec l'aimable autorisation d'AEF Développement Durable.

"La base de données de la GRI (Global reporting initiative) contenait 29 000 rapports RSE au 30 septembre 2015, dont 82 % respectant les lignes directrices de la GRI. 131 rapports ont été publiés en France en 2014, dont 58 % sont GRI (contre 77 % dans le monde)", rapporte Dolores Larroque, directrice de Materiality-reporting, GRI data partner pour la France. Elle organisait en partenariat avec TF1 une conférence intitulée "GRI-G4 : 2 ans déjà", mardi 13 octobre 2015. En 2014, 15 entreprises françaises ont initié une démarche pour appliquer la G4, dernière version des lignes directrices du GRI (lire sur AEF). Bel, Gecina, Lagardère, TF1 et Worldline font un point sur les avantages de la démarche et les difficultés auxquelles ils ont été confrontés.

"Nous allons à la pêche au rapport pour que notre base française soit complète, mais ce serait plus efficace si les entreprises nous les faisaient remonter. Cela permet également de promouvoir son reporting à l’international", remarque Dolores Larroque, directrice de Materiality-reporting, GRI data partner pour la France.

Progrès à faire sur la qualité de l’information en France

"En France, 93 % des rapports proviennent du secteur privé, et seulement 1 % des collectivités. Dans d’autres pays d’Europe, il y a une proportion plus grande de rapports issus d’entreprises publiques, coopératives, associations, ONG et collectivités. En 2014, 36 % des rapports proviennent d’Europe et 27 % d’Asie qui a fait d’énormes progrès. La Chine devient le premier pays en nombre de rapports publiés devant les États-Unis. À l’échelle mondiale, 30 % des rapports GRI en 2014 étaient G4, 27 % au niveau européen, l’Espagne en tête. En France, le taux est de 20 %, avec 15 rapports sur 83. Les pionniers du G4 sont les États-Unis avec 110 rapports, Taïwan avec 68, et le Brésil avec 64."

"Parmi les 10 suppléments sectoriels adaptés pour la G4, les plus utilisés sont ceux pour la finance, l’énergie, les mines, la construction et les entreprises pétrolières", note Dolores Larroque. "En 2014, 10 % des rapports au niveau mondial étaient intégrés, 8 % au niveau européen, 1 % en France. Les pionniers sont l’Afrique du Sud, l’Espagne et les Pays-Bas. Pour les tendances 2015, on compte 2 399 rapports au 30 septembre 2015. On voit la progression du G4 avec 49 % des rapports mondiaux, 43 % en Europe, et 28 % en France."

"La France publie beaucoup d’informations suite au Grenelle II mais a encore des progrès à faire sur la qualité de ces informations. De plus, les entreprises du SBF 120 sont familières de la GRI mais la pratique n’est pas généralisée chez les PME et ETI. 92 % des rapports sont vérifiés en France, majoritairement par des commissaires aux comptes, contre 35 % en Europe. Enfin, le déploiement du G4 est assez lent en France", estime-t-elle.

TF1 est passé à 3 points du leader dans le DJSI

"Chez TF1, nous avons commencé à nous mettre à la GRI il y a deux ans lors de la publication du guide sectoriel sur les médias", raconte Catherine Puiseux, la responsable RSE. "Nous venons de mettre en ligne un site dédié à la RSE de TF1 avec notre étude de matérialité [déterminer les enjeux pertinents pour l’entreprise] remise à jour. Nous avons sélectionné 15 enjeux sur 70. La nouveauté : derrière chaque enjeu, un ebook permet de voir plus en détail ce que l’on a fait. Par ailleurs, les lecteurs peuvent contribuer à la cartographie dynamique en choisissant des enjeux. Le travail de la GRI nous a permis d’avancer en maturité, a structuré notre dialogue avec nos parties prenantes et a clarifié nos enjeux. Notre direction financière y voit un intérêt quant à la relation avec nos investisseurs. Enfin, effet non négligeable : nous sommes passés de la limite basse à trois points du leader dans le classement du DJSI, notre cauchemar. Nous travaillons pour aller vers le reporting intégré."

"Nous avons commencé à travailler avec la GRI en 2009, au moment où nous avons revu notre ligne RSE. Nous voulions nous faire la main et nous familiariser avec le reporting avant d’y être contraints", explique Jean-Sébastien Guillou, responsable RSE de Lagardère. "Nous n’avons pas conduit d’analyse de matérialité au sens du G4. Notre groupe recoupe quatre branches d’activités avec une constellation de marques, des métiers pas comparables et diverses parties prenantes. Il aurait fallu faire la démarche fastidieuse d’analyser par activité ou par marque. Finalement nous avons conduit deux chantiers en parallèle : remise à jour de notre feuille de route avec les nouvelles activités et territoires et la mise en place d’un panel de parties prenantes regroupant seulement treize personnes mais très représentatives de nos métiers et nos enjeux. Il a tenu sa première réunion en juin pendant laquelle les experts ont noté de 1 à 3 les priorités de la feuille de route. Nous avons essayé d’être pragmatiques et réactifs, mais cela ne veut pas dire que nous ne ferons jamais l’exercice de matérialité."

S’approprier le jargon

"Avant de se lancer dans la démarche GRI, il faut prendre en compte le contexte et la culture de l’entreprise dans sa diversité et bien s’approprier le jargon", conseille-t-il. "Ensuite, il faut voir cela comme un moyen et non une fin. Il s’agit avant tout d’un outil pour structurer sa démarche."

"Nous avons commencé récemment en juillet 2014", indique Sébastien Mandron, chargé de la RSE à Worldline (entreprise spécialisée dans les services transactionnels de paiement électronique). "La démarche GRI nous a permis de nous situer par rapport à nos concurrents. Le plus difficile est de monter la machine et collecter des informations auditables. Une fois le travail fait, cela permet de répondre plus facilement aux appels d’offres. Nous avons détecté des enjeux importants pour nous, qui sont loin des petites fleurs, comme la sécurité des données. La GRI permet de balayer l’intégralité des sujets et garantir que l’on a une bonne couverture." "Avant toute chose, il faut embarquer le PDG dans la démarche, prendre la matrice des concurrents et montrer, car vous aurez besoin de travailler avec des personnes qui ne sont pas dans vos équipes et qui n’auront pas forcément la volonté de vous accorder du temps sauf s’il y a un appui de la direction", prévient-il.

"Cela ne nous a pas fait vendre plus de Vache qui rit"

"Nous avions déjà une politique RSE mature mais la GRI a été une bonne occasion de revoir la communication et la pertinence de notre démarche", témoigne Guillaume Chivrac, responsable reporting RSE de Bel. "En 2014, nous avons fait une analyse de matérialité avec l’aide de BSR. Nous avons interrogé 170 parties prenantes grâce à des questionnaires en ligne et des entretiens. Nous avons listé 52 enjeux et déterminé 8 prioritaires."

"Nous avons trouvé le processus GRI très fastidieux et scolaire. Le reporting porte sur des choses qui ont peu d’intérêt pour nous, n’ayant pas la pression des investisseurs. De plus, c’est très chronophage, nous nous questionnons pour l’année prochaine de refaire avec la G4 ou de simplement suivre les lignes directrices de la GRI. Le reporting est important en interne pour une meilleure appropriation de la politique RSE, mais ce n’est pas une fin en soi. Nous prenons la GRI comme une bible d’indicateurs qui nous permet de ne pas oublier certaines choses. Mais cela ne nous a pas fait vendre plus de Vache qui rit, et notre rapport n’est pas compréhensible pour certaines parties prenantes."

"Pour l’exercice de matérialité, nous avons d’abord regardé ce que faisaient nos pairs", décrit Yves Dieulesaint, directeur RSE de Gecina. "Nous avons embarqué la direction et la direction finances dans l’aventure pour une meilleure empathie. Nous avons réalisé une matrice interactive en novembre avec deux enjeux qui nous différencient : la biodiversité et la chaîne d’achats responsables. Par manque de temps, Gecina n’a pas pu se soumettre à la materiality check (vérification de la conformité par la GRI)."

La GRI prépare une étude sur le Reporting du futur

"Je vous rassure, il n’y pas de G5 en cours. Nous écoutons toujours les feedbacks sur le G4, ce qui nous a permis de faire des modifications par exemple sur la colonne assurance externe", souligne Juliette Gaussem, en charge des relations avec les entreprises et parties prenantes à la GRI.

"La GRI, désormais dirigée par Michael Meehan (lire sur AEF), a lancé sa nouvelle stratégie 2015-2020, avec quatre axes prioritaires. Le premier est de faire le lien entre les gouvernements et les entreprises. 27 pays utilisent la GRI dans leur politique de développement durable. Le reporting va également jouer un rôle important dans la mise en œuvre de ODD (objectifs de développement durable). Ainsi, nous avons sorti un outil 'SDG compass', destiné à traduire ces objectifs pour les entreprises, en partenariat avec le Global Compact et le WBCSD (lire sur AEF). Nous avons également mis en ligne une carte du monde interactive intitulée '12.6 live tracker' pour suivre les avancées en matière de reporting (cible 6 de l’objectif 12)."

"Le deuxième axe est intitulé 'more reporting, better reporting' pour améliorer la qualité. Nous organisons des ateliers de formations partout dans le monde. Un troisième et nouvel axe porte sur le reporting intégré : publier des données financières de qualité, comprendre la création de valeur à long terme de l’entreprise. Enfin, le quatrième et nouveau pilier de la GRI concerne l’innovation et la collaboration, la technologie et le big data. Nous avons un projet sur le futur du reporting intitulé 'Reporting 2025' avec EY, Boston college, SAP et Enel, qui rendra ses premières conclusions en fin d’année", rapporte-t-elle, rappelant que la prochaine réunion de la GRI aura lieu du 18 au 20 mai à Amsterdam.

 


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