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Quelles sont les étapes clés pour un approvisionnement responsable ? (atelier BSR)

AEF Développement Durable | avril 2014

Par Marine Forestier

Avec l'aimable autorisation d'AEF Développement Durable

Adopter une gestion interne proactive de la chaîne de fournisseurs permet de s’assurer un approvisionnement responsable, souligne BSR lors de son atelier "Étapes clés et meilleures pratiques d’un approvisionnement responsable", organisé jeudi 24 avril 2014. L'association, qui rassemble 250 multinationales et mène des activités de conseil et des études, identifie "sept étapes clés" : déterminer le "business case", développer une stratégie par catégorie de produit, identifier les fournisseurs potentiels, définir une stratégie d’achat, négocier et sélectionner les fournisseurs, les intégrer dans le système d’achat et gérer leur performance. Françoise Dévé, du groupe de luxe Kering, revient sur son plan de préservation des pythons (lire sur AEF) et son approche "top-down mais non monolithique" : les démarches sont à la fois à l'initiative du groupe et des marques.

Il s’agit de passer d’une approche fondée sur la gestion des risques à une approche fondée sur l’opportunité, ajoute-t-elle. Pour BSR, qui a créé un centre pour l’approvisionnement responsable dans le but d’aider les entreprises, cette gestion interne proactive se développe en six points :

ADOPTER UNE GESTION INTERNE PROACTIVE

Il s’agit de passer d’une approche fondée sur la gestion des risques à une approche fondée sur l’opportunité, ajoute-t-elle. Pour BSR, qui a créé un centre pour l’approvisionnement responsable dans le but d’aider les entreprises, cette gestion interne proactive se développe en six points :

  1.  stratégie intégrée : avoir une stratégie d’achats intégrant la durabilité ;
  2.  outils de gestion des risques ;
  3.  cartographie des enjeux matériels ;
  4.  politique d’approvisionnement responsable ;
  5.  engagement au niveau de l’exécutif du groupe ;
  6.  mobilisation suffisante des ressources.

Et pour adopter une approche responsable en amont, BSR identifie sept étapes :

  1.  déterminer le business case ;
  2.  développer une stratégie par catégorie de produit ;
  3.  identifier les fournisseurs potentiels ;
  4.  définir une stratégie d’achat ;
  5.  négocier et sélectionner les fournisseurs ;
  6.  intégrer les fournisseurs dans le système d’achat ;
  7.  gérer la performance des fournisseurs.

TRAVAILLER EN AMONT

"En général on se concentre uniquement sur les trois dernières étapes. On fait des audits et on demande des corrections aux fournisseurs. Les modifications restent assez marginales", fait remarquer Tara Norton. "Il faut travailler en amont pour avoir un impact plus large, et donc s’intéresser aux premières étapes", ajoute-t-elle. Ce n’est pas la même gestion du temps", renchérit Françoise Dévé, directrice de projets sourcing et e-commerce de Kering, invitée à participer l’atelier. "Les premières étapes se font en amont, les autres plus dans l’urgence. Ce n’est pas opposable, au contraire, ces deux approches se complètent."

DIFFICULTÉ DE PESER L’IMPACT

Tara Norton présente également une étude de cas de Levi’s. Le groupe est parvenu à réduire de 30 % son utilisation en eau et en énergie en modifiant les pigments de teinture utilisés par une de ses marques de jeans. Autre exemple, McDonald’s. Le groupe doit faire face à une problématique "climat" : 70 % de ses émissions de gaz à effet de serre se situent dans sa chaîne d’approvisionnement et 40 % sont liées à la production bovine. McDonald’s a donc participé à la création de la GRSB (Table ronde pour un bœuf responsable), avec le WWF et d’autres multinationales comme Walmart.

Au fil de l’atelier et des discussions avec les participants, est posée la question de l’impact. Développer une stratégie d’approvisionnement responsable, est-ce "beaucoup de communication et un peu d’action", ou cela a-t-il un effet réel ? Tara Norton préconise de se concentrer sur une catégorie de produit pour maximiser les effets. "Il faut faire des choix", pointe-t-elle, d’autant plus "qu’il faut rapidement se positionner pour être crédible sur une problématique".

APPROCHE "TOP-DOWN MAIS PAS MONOLITHIQUE"

Nouveau questionnement : "Faire bien, signifie-t-il faire plus cher ?" "Souvent oui,", répond Françoise Dévé. "Mais ce n’est pas toujours le cas. Avec certains cotons, l’impact sur le tee-shirt est de 10 centimes ! C’est la rareté qui fait le prix. Le coton organique est cher parce qu’il n’y en a pas beaucoup sur le marché."

Françoise Dévé est également revenue sur l’approche "top-down mais pas monolithique" de Kering : "Cela doit se complémenter avec ce que chaque marque décide de ce qui est important pour elle. 50 % de nos initiatives sont 'top-down' (de la maison mère vers les marques) et 50 % sont 'bottom-up' (de la filiale à la maison mère). Il y a bien sûr les incontournables comme la consommation d’eau." "Souvent les meilleurs spécialistes sont dans les marques", affirme-t-elle, prenant l’exemple de la marque Tretorn, fondée en Suède et spécialisée en bottes en caoutchouc. "Elle a pris la tête du mouvement, mais nous l’aidons pour structurer la démarche."

LABORATOIRE DE TEXTILES DURABLES ET INNOVANTS

Outre son plan de préservation des pythons (lire sur AEF), Kering a également créé le MIL (materials innovation lab), "une équipe d’ingénieurs ayant la mission claire de chercher des fibres textiles durables et innovantes", constituée de "gens très pointus". "Notre problème était de faire circuler les informations entre des marques différentes, basées dans le monde entier. C’est pourquoi nous avons créé cette sorte de bibliothèque de référence. Elle permet d’établir une classification des matériaux durables."

Ces matériaux sont conçus en lien avec les designers : "L’important c’est de bien discuter avec les designers. Autrement, vous créez dans l’absolu des choses qui ne correspondent pas à ce qu’ils cherchent", précise-t-elle. "Nous sommes arrivés à 1 000 échantillons certifiés", se réjouit-elle.


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