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Polluants à courte durée de vie : "Les entreprises réalisent seulement depuis 5 ans le potentiel"

AEF Développement Durable | mai 2015

L’association d’entreprises BSR (Business for social responsability) organise son Spring forum le 22 mai 2015 à Paris sur le thème "Fast mitigation for high-emitting sectors". Il s’agit de mettre le focus sur les substances polluantes autres que le CO2 et de montrer comment les entreprises s’emparent du sujet. Edward Cameron, directeur général de la recherche et des partenariats pour le développement de BSR, explique à AEF, le 28 avril 2015, les enjeux et les travaux en cours, et revient sur l’importance du Business and climate summit de mai à Paris. Le Giec estime que les polluants à courte durée de vie pourraient être responsables de plus de 30 % du réchauffement climatique, d’autres scientifiques évaluent ce chiffre entre 40 et 45 %. Selon le Pnue, réduire ces émissions représente une opportunité de limiter l’augmentation de la température de 0,6 °C d’ici à 2050.

AEF : Pourquoi avoir choisi ce thème de "Fast mitigation" pour votre Forum à Paris ?

Edward Cameron : Les négociations sur le climat mettent l’accent sur le dioxyde de carbone, ce qui est légitime puisque c’est la cause dominante du changement climatique. Mais lorsque l’on parle de GES (gaz à effet de serre), il existe d’autres substances appelées polluants à courte durée de vie, tels que le carbone noir, l’ozone troposphérique, le méthane et certains hydrofluorocarbures (HFC). Ils ont une durée de vie relativement courte dans l’atmosphère mais ont un impact considérable sur le climat et la santé, et notamment dans les pays en développement et sur les populations défavorisées. C’est une autre pièce du puzzle climatique, pour laquelle le travail est complémentaire et efficace.

BSR a eu l’opportunité de travailler sur le sujet dans le cadre d’une étude financée par la Climate and clean air coalition. Trois rapports décrivant les options et opportunités pour les secteurs qui émettent le plus seront publiés en novembre.

AEF : Les entreprises font-elles moins d’efforts sur le sujet car elles sont moins contraintes de réduire ces émissions que le CO2 ?

Edward Cameron : De nombreuses entreprises s’engagent sur le sujet et prennent des mesures mais il y a encore beaucoup de place pour l’amélioration. Ce n’est pas que les entreprises ont négligé la question mais elles n’avaient pas saisi son importance. Cela fait environ cinq ans qu’elles réalisent le réel potentiel et les opportunités. De plus, elles manquent d’outils et de solutions.

À notre Spring forum BSR, nous avons invité Veolia et Coca Cola qui ont beaucoup d’initiatives en cours.

AEF : Quels secteurs sont les plus concernés et comment travaillent-ils ?

Edward Cameron : C’est assez flagrant dans le secteur des transports, pétrolier et gazier, agriculture, déchets. La Climate and clean air coalition, qui a pour objectif initial de réduire ces émissions (1), se penche notamment sur ces secteurs les plus polluants. Son secrétariat est hébergé par le Pnue à Paris et elle rassemble aujourd’hui une centaine de membres représentants de gouvernements, ONG et associations d’entreprises. Elle a fait du très bon travail en quatre ans. Elle récolte les expériences des entreprises déjà engagées sur le sujet pour pouvoir en mobiliser d’autres. Le secteur privé a formé un groupe de travail et avance sur des engagements qui pourraient être ajoutés à l’agenda des solutions de la COP 21.

AEF : BSR organise de nombreux événements dans le monde autour du climat cette année, plutôt anglés sur les solutions.

Edward Cameron : Nous nous concentrons sur les solutions pratiques pour le fret, l’approvisionnement en énergie renouvelable ou encore les chaînes de valeur. Les débats sur le climat ne devraient pas se limiter à la baisse des émissions mais porter aussi sur les solutions d’adaptation car le changement climatique est déjà en marche. Les entreprises doivent penser au rôle qu’elles peuvent jouer dans cette société qu’il faut rendre plus résiliente : renforcer les droits de l’homme, l’autonomisation des femmes…

AEF : Qu’attendez-vous du Business and climate summit en mai à Paris ?

Edward Cameron : C’est important pour les entreprises d’être engagées d’une manière sans précédent, de montrer qu’elles soutiennent les gouvernements, qu’il y a une approche collective sur le climat. Cet événement permet de faire entendre la voix de secteur privé qui veut un accord sur le climat mais qui attend aussi des signaux forts de la part des gouvernements. Il faut plus d’incitations : cela peut être par une législation ou la suppression de mauvaises subventions.

Par ailleurs, un tel événement permet de garder une dynamique tout au long de l’année car bien souvent les acteurs sont mobilisés seulement le temps des deux semaines de la COP, qui retombe ensuite aux oubliettes. Il est important également que les entreprises se comparent, montrent que ce qu’elles font est compatible avec leurs priorités économiques, et gagnent ainsi en confiance.

Quelques chiffres

  • Les secteurs de l’agriculture et forestier sont responsables de 50 % des émissions mondiales de méthane et 35 % de carbone noir.
  • L’industrie gazière et pétrolière est la plus grosse émettrice de méthane après l’agriculture.
  • 19 % des émissions de carbone noir proviennent du secteur du transport, dont une large part provient des véhicules diesel.

(1) Ses actions sont : la sensibilisation du public aux effets des polluants climatiques de courte durée de vie et aux stratégies d'atténuation ; l’amélioration et le développement de nouvelles actions nationales et régionales, en identifiant et en surmontant les obstacles, en renforçant les capacités, et en mobilisant des partenaires ; promouvoir de meilleures pratiques et mettre en valeur réussites en la matière ; améliorer la compréhension scientifique des impacts des polluants climatiques de courte durée de vie et des stratégies d'atténuation.

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