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La RSE est un concept relativement nouveau au Moyen-Orient (atelier BSR)

AEF Développement Durable | avril 2013

Avec l'aimable autorisation d'AEF Développement Durable

Par Sabrina Dourlens

« La RSE est un concept relativement nouveau au Moyen-Orient, mais la population locale, les ONG, la presse et les gouvernements y sont de plus en plus sensibilisés. Les entreprises vont devoir prendre les devants. Elles ne vont plus pouvoir faire l'impasse sur les problèmes éthiques », estime Salli Anne Swartz, avocate à la Cour et associée du cabinet Artus Wise, mardi 16 avril 2013. « Le défi sur la transparence et la corruption est important, 80 % des entreprises étant des PME, faisant des transactions de la main à la main », relève pour sa part Guy Morgan, directeur des services de conseil au sein de BSR (Business for social responsability). L'association, rassemblant 250 multinationales membres et menant des activités de conseil et des études, organisait un atelier sur « la RSE au Moyen-Orient : déployer une stratégie cohérente » (1).

En revanche, « la philanthropie n'est pas un concept nouveau en Arabie Saoudite », affirme Nadia Refaat-Shaikh, senior CSR manager à NCB (National commercial bank) en Arabie Saoudite. La banque a créé un département RSE en 2004, qui « rapporte directement au PDG ». « Il s'occupe de plusieurs programmes sur l'emploi, le social, l'éducation et la santé. L'ambition est de devenir l'entreprise leader en RSE dans le pays », rapporte-t-elle.

« LA SEULE MANIÈRE DE PASSER DES MESSAGES EST DE GAGNER LA CONFIANCE »

Salli Anne Swartz donne des conseils pour instaurer un dialogue constructif. « Dans les pays du Golfe, la seule manière de faire des affaires et de passer des messages est de gagner la confiance. Ce doit être la personne qui prouve sa crédibilité, cela peut prendre des années. Par ailleurs, on ne peut pas faire des affaires sans agent local, qui présente les bonnes personnes et traduit linguistiquement et culturellement. »

« Les écrits sont considérés différemment. Les gens ne répondent pas aux mails ni aux questionnaires, ne lisent pas les contrats », note l'avocate. « Le plus efficace est d'intégrer des notions de RSE et de droits de l'homme dans le 'process de due diligence' juridique et dans les clauses à négocier dès le départ. Il faut aussi bien connaître son interlocuteur local et discuter avec lui de ce qu'il veut. De même, cela ne sert à rien d'écrire de belles règles et politiques s'il n'y a pas de cohérence entre le message externe et interne de la direction. »

CHÔMAGE ET MANQUE DE DIVERSITÉ DANS LA MAIN-D'OEUVRE

« L'un des défis du pays est le taux de chômage », poursuit Nadia Refaat-Shaikh. « Nous visons donc deux objectifs : réduire ce taux en aidant à la création de petites entreprises et aux projets familiaux d'artisanat ; et soutenir les ONG, notamment les organisations à but caritatif qui répondent aux besoins des communautés. Entre 2005 et 2012, notre programme de RSE a permis de soutenir 2 450 projets. Nous travaillons avec des partenaires stratégiques comme le ministère du Travail ou les agences d'emploi. » « Il y a également un manque de diversité et d'égalité dans la main d'oeuvre (origine et genre). Au Qatar, 80 % de la population est composée de travailleurs migrants issus du Pakistan, de l'Inde ou du Népal », ajoute Guy Morgan. BSR a publié un rapport sur ce sujet en lien avec la Coupe du monde de football en 2022.

« Il y a également un manque de diversité et d'égalité dans la main d'oeuvre (origine et genre). Au Qatar, 80 % de la population est composée de travailleurs migrants issus du Pakistan, de l'Inde ou du Népal », ajoute Guy Morgan. BSR a publié un rapport sur ce sujet en lien avec la Coupe du monde de football en 2022.

« La situation économique est très diversifiée en fonction des pays. Par exemple, Bahreïn est très pauvre comparé au Qatar. Le chômage atteint des taux inquiétants, ce qui y rend la situation tendue, à Oman également. En Arabie Saoudite, il s'élève à 20-25 %, dont 40 % de moins de 25 ans. Cela contribue à l'instabilité des ces petites monarchies rentières », relève Hugo Micheron, chargé d'études à l'Institut Montaigne.

« UNE CRISE ÉNERGÉTIQUE SANS PRÉCÉDENT COUVE AU MOYEN ORIENT»

De plus, « l'économie de ces pays est basée sur l'industrie lourde du gaz et du pétrole et manque de diversification », observe Guy Morgan. « Une crise énergétique sans précédent couve au Moyen-Orient, ce qui représente un frein aux perspectives de développement de ces pays », estime-t-il. remarque Hugo Micheron. Malgré une « situation économique très diversifiée », ces pays ont « en commun une population qui croit rapidement, une forte dépendance aux énergies lourdes, une industrie manufacturière très pauvre, et une consommation énergétique en hausse. Aucun de ces pays n'a prévu de diversification économique, ils sont tous en retard sur ce point. »

« Depuis les années 2000, ils ont le plus haut taux de consommation d'énergie par habitant. La moyenne de l'OCDE en termes de consommation domestique de pétrole est de 11 %, elle est de 205 % au Qatar. Il faudrait cinq planètes si tout le monde consommait comme le Qatar. Il émet douze fois plus de gaz à effet de serre par habitant que la moyenne internationale. Cette consommation est principalement résidentielle et non industrielle, et concentrée sur une minorité de nationaux puisque les migrants ne consomment pas beaucoup », pointe Hugo Micheron. « En 2028, l'Arabie Saoudite n'exportera plus, mais consommera l'ensemble de sa production. Il faut savoir qu'il y a d'importantes subventions des États. Au Qatar, l'électricité est gratuite, ce qui explique le gâchis. »

« CES PAYS ACHÈTENT LA PAIX SOCIALE AVEC UNE ILLUSION DE  L'ABONDANCE »

« Il y a une incapacité des régimes du Golfe à répondre à la demande. La solution est de réduire au moins la croissance de la consommation d'énergie. Là encore, les tentatives ont échoué. La pression sociale et politique est trop importante. Ainsi, les subventions continuent aussi bien en période de boom qu'en période de crise. Ces pays achètent la paix sociale avec une illusion de l'abondance. Il y aurait beaucoup d'opportunités pour les énergies renouvelables, mais au vu de la consommation, il faudrait des investissements massifs. La seule réponse aux Émirats arabes unis semble être le nucléaire, avec un projet à Abu Dhabi, même si cela pose un problème diplomatique avec l'Iran en face. »

Autre « défi clé » que les entreprises rencontrent au Moyen-Orient : « la pénurie d'eau. Il va falloir trouver comment la gérer à horizon 2025. La consommation d'eau est excessive ce qui oblige à désaliniser des quantités énormes », souligne Guy Morgan.

(1) BSR conseille les entreprises internationales qui s'installent au Moyen-Orient, et des entreprises locales, sur des sujets de stratégie globale comme le changement climatique, les droits humains, le reporting, la supply chain, l'engagement avec les parties prenantes notamment.


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