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Droits de l'homme et entreprises : "L'ONU doit être plus équipée pour traiter avec les entreprises" (Margaret Jungk)

AEF Développement Durable | mars 2016

Par Sabrina DourlensDiffusion avec l'aimable autorisation d'AEF Développement Durable.

"Le groupe de travail de l’ONU sur les droits de l’homme et les entreprises a un mandat unique. Ses missions officielles sur les pays examinent comment les gouvernements mettent en œuvre leur devoir de protéger les droits de l’homme. Il est temps d’étendre ces missions aux entreprises pour mettre en lumière leur responsabilité à respecter les droits de l’homme", estime Margaret Jungk. L’experte qui représentait l’Europe de l’Ouest et autres États occidentaux au sein du groupe de travail des Nations unies formule plusieurs recommandations dans sa lettre de démission, datée du 7 mars 2016. Elle part pour rejoindre BSR (Business for Social Responsability), association rassemblant 250 multinationales et menant des activités de conseil et des études, afin de "mettre son expérience et expertise au service des entreprises qui doivent répondre à ces défis".

Le groupe de travail de l’ONU sur les "questions des droits de l’homme et des entreprises transnationales et autres", lancé en 2011 et composé de 5 membres, est en charge du suivi des recommandations de John Ruggie (lire sur AEF). Son rapport final sur les "principes directeurs de la mise en place du cadre de l’ONU 'protéger, respecter et réparer'" a été adopté en juin 2011 (lire sur AEF).

La responsabilité des entreprises en matière de droits de l’homme "n’a pas été traitée par le système international, et des écarts de connaissance parmi les dirigeants politiques rendent difficile la création d’un contexte favorable à la conduite responsable des entreprises", remarque Margaret Jungk. "Ce processus ne doit pas être un audit ou un exercice de 'name and shame' (désigner et blâmer) mais plutôt un échange ouvert honnête au sein du Conseil de droits de l’homme de l’ONU sur les défis auxquels font face les entreprises et les actions qu’elles mettent en place pour y répondre, éclairé par des missions officielles du groupe de travail de l’ONU auprès des entreprises."

"Il est temps pour l’ONU de s’adresser aux entreprises directement"

"L’ONU doit être plus équipé pour traiter avec les entreprises", estime l’experte du Danish Institute for Human Rights. "La question de savoir si les entreprises sont des acteurs liés aux droits de l’homme est réglée. Des institutions internationales aux villages ruraux lointains, il est indéniable que les entreprises ont des impacts profonds positifs et négatifs sur les travailleurs, les communautés et l’environnement. Ces cinq dernières années, le groupe de travail a reçu des plaintes d’une douzaine de communautés subissant les impacts d’entreprises. Selon notre expérience, les entreprises ont été plus réceptives à nos communications sur ces allégations que les gouvernements."

"Les entreprises font partie de la communauté internationale d’une manière qui aurait été impensable pour les fondateurs du système des droits de l’homme en 1945. Il est temps pour l’ONU de reconnaître cette réalité et de s’adresser aux entreprises directement", souligne Margaret Jungk. "Cela signifie inclure les impacts du secteur privé dans l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme et pour des organes comme le Comité de l’élimination de la discrimination envers les femmes de produire des commentaires généraux liés aux responsabilités des entreprises au lieu de seulement s’adresser aux gouvernements."

S’attaquer à la question de la mesure

"Si nous comptons sérieusement mettre en œuvre les principes directeurs de l’ONU, nous devons connaître les zones de progrès et les questions ou acteurs qui sont à la traîne. Sans efforts robustes de mesure, nous serons soumis à la spéculation, la désinformation et à des anecdotes se faisant passer pour des informations", pointe encore l’experte.

"Je suis consciente que mesurer le devoir des États de protéger et la responsabilité des entreprises comporte des risques politiques et des jugements de valeur pour la définition de ce qu’il faut mesurer et comment. Pourtant, malgré la douzaine de défis allant de la corruption au travail des enfants, nous devons faire face à ces obstacles. Le premier pas vers la résolution de ces problèmes est leur compréhension. Et à chaque fois que nous repoussons le travail sur la mesure, nous échouons sur les deux plans."

 

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