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Climat : Ségolène Royal appelle les entreprises à être "des optimistes inébranlables" (Business and Climate Summit)

AEF Développement Durable | juillet 2016

Par Sabrina Dourlens. Diffusion avec l'aimable autorisation d'AEF Développement Durable. 

Ségolène Royal interpelle les participants du Business and Climate Summit de Londres en leur demandant d'"internaliser un prix du carbone suffisamment élevé pour être incitatif", de "rejoindre la coalition Carbon pricing leadership", et de "participer au prix du meilleur reporting" qu’elle rendra à l’automne, lors de l’ouverture du sommet mardi 28 juin 2016 (lire sur AEF). La ministre de l’Environnement incite également les investisseurs à "réorienter leurs financements" afin qu’ils soient éligibles au label "positive transition for climate", "premier label vert officiel, lancé à la COP 21".

"Le stress climatique ignore les frontières. Je n’évoquerai pas les sujets de controverse", déclare Ségolène Royal, en référence au Brexit et à la décision des électeurs britanniques de sortir de l’Union européenne par 51,9 % des voix, annoncée vendredi 24 juin 2016, suivie par la démission du Premier ministre David Cameron (lire sur AEF les conséquences sur la politique climatique et énergétique de l’UE). La ministre rappelle qu’elle souhaite que l’accord de Paris "entre rapidement en vigueur, avant la COP 22". Pour le moment, 20 pays l’ont ratifié, dont la France.

"Soyez des optimistes inébranlables"

La ministre souligne l’importance de "donner un prix au carbone". "Au cours du dernier Business and Climate Summit à Paris en mai 2015, de nombreuses entreprises l’ont demandé, ce qui était assez nouveau. La coalition Carbon pricing leadership réunit désormais 26 gouvernements et 90 entreprises. Aujourd’hui, 20 % des émissions de CO2 sont couvertes par des mécanismes de prix du carbone. Les objectifs fixés en avril à Washington sont de doubler cette proportion en 2020 et de nouveau en 2050, afin de couvrir la moitié des émissions mondiales. Lors du Business dialogue, tenu à Paris en juin (lire sur AEF), les participants se sont accordés sur l’urgence de la mise en place de ces mécanismes. L’économiste Jean Tirolle a plaidé pour un prix universel. Étant donné la difficulté à ce stade, l’idée d’une fenêtre de prix a été soulevée."

"En France, nous avons mis en place une taxe carbone qui sera de 56 euros en 2020 et 100 en 2030. Nous sommes dépendants du marché ETS dont le prix de la tonne de carbone est actuellement trop bas. J’ai proposé un corridor de prix au niveau européen, Gérard Mestrallet a préparé un rapport sur le sujet qu’il présentera mercredi au sommet (lire sur AEF)", précise-t-elle.

Ségolène Royal conclut par une citation de Churchill : "Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté." [...] "Soyez des optimistes inébranlables dans la lutte contre le changement climatique", ajoute-t-elle.

"Stay calm and transform on"

"Le changement climatique et la croissance inclusive ne sont pas en conflit, au contraire ils sont plus que jamais liés", affirme Aron Cramer, président de BSR. "Nous continuerons à avoir de l’instabilité politique, cela fait partie de l’histoire de l’humanité. Les entreprises aiment la certitude, mais elles ne doivent pas se concentrer sur l’incertitude de court terme car la science climatique et l’accord de Paris sont très certains."

Évoquant également le Brexit, Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la CCNUCC, indique que "si le Royaume-Uni invoque l’article 50 [du Traité européen, qui enclenche le processus de négociations de retrait d’un pays de l’UE], il est possible que l’UE doive examiner certaines choses et faire quelques ajustements, par exemple sur sa contribution NDC ou sur les accords commerciaux qu’elle a avec le Royaume-Uni". "Il pourrait y avoir de l’incertitude et de la volatilité pendant deux ans. Mais le vote sur le Brexit n’était pas un vote sur le changement climatique, la modernisation de l’industrie britannique ou l’innovation", souligne-t-elle. Jouant avec l’expression "Keep calm and carry on", elle propose aux Britanniques de "Stay calm and transform on" (restez calme et poursuivez la transition). "Le Royaume-Uni et l’UE ont été des leaders sur le climat, il n’y a pas de raison que cela change et qu’il ne fasse plus partie du mouvement", encourage-t-elle.

"Après Copenhague, nous étions tous déçus. Les entreprises ont alors décidé qu’il fallait commencer à agir sans attendre les gouvernements, et je vous remercie pour cela", affirme Laurence Tubiana, ambassadrice française pour les négociations climatiques. "Elles se sont organisées depuis plusieurs années, et ainsi il était facile de leur ouvrir la porte lors de la COP 21."

"Les accords sectoriels internationaux sont essentiels"

"Il n’est pas facile de changer l’économie, ni les habitudes des citoyens. La seule manière possible est de renforcer le dialogue entre les gouvernements et les entreprises", estime Jean-Dominique Senard, PDG de Michelin et président de EpE. "À la COP 22, il faudrait montrer des engagements sectoriels forts. L’accord de Paris est basé sur des accords entre les pays. Des accords sectoriels internationaux sont essentiels pour inciter les gouvernements à mettre en œuvre l’équivalent au niveau national."

"Quant au prix du carbone, puisqu’il est maintenant clair que nous en avons besoin, nous devons travailler rapidement pour mettre en place les mécanismes. C’est plus facile d’en parler que de le faire. Je crains que si cela ne bouge pas avant la COP 22, cela manquera de crédibilité et le souffle pourrait retomber et, avec, les décisions que les entreprises vont prendre pour les 40 prochaines années."

"L’âge de pierre n’a pas disparu par manque de pierres"

"Je suis définitivement un optimiste", lance Patrick Pouyanné, directeur général de Total, en réponse à l’appel de Ségolène Royal. "Nous connaissons le monde de l’énergie, nous avons les capacités techniques et financières. Ainsi, nous voyons les opportunités de nous transformer. Nous avons décidé d’intégrer le climat dans notre stratégie. La stratégie, présentée lors de son assemblée générale du 24 mai, s’inscrit dans une trajectoire visant à limiter le réchauffement climatique à 2°C, notamment en réduisant le recours aux sables bitumineux, évitant l’Arctique, et donnant l’hypothèse du prix du carbone à 30-40 dollars pour choisir où forer (lire sur AEF).

"Le monde a évolué, partant du bois, passant par le charbon, pour arriver aux renouvelables. Total est une grande entreprise gazière et pétrolière. Nous espérons qu’elle deviendra une grande entreprise gazière, pétrolière et des énergies renouvelables. Nous avons choisi de sortir du charbon et de développer les renouvelables", poursuit-il. "C’est un effort collectif qu’il faut faire. L’une des solutions est de donner un prix au carbone." "L’âge de pierre n’a pas disparu par manque de pierres", remarque-t-il.

 


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