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Climat : la coalition d’entreprises "We Mean Business" se mobilise à nouveau avant la signature de l’accord de Paris

AEF Développement Durable | avril 2016

Par Mathilde FassinDiffusion avec l'aimable autorisation d'AEF Développement Durable. 

"We Mean Business", une coalition d’organisations qui travaillent avec des milliers d’entreprises et d’investisseurs engagés dans l’action climatique à travers le monde (1), a vu sa communauté se mobiliser autour du rendez-vous de la COP 21. À la veille de la signature de l’accord de Paris à New York par quelque 160 États, le collectif publie, mercredi 20 avril 2016, un rapport sur l’intérêt de l’accord pour les entreprises, leur rôle dans la mobilisation pour le climat, et la transformation du paysage entrepreneurial qui en découle.

Le changement climatique influe indéniablement sur le travail des entreprises, qu’elles soient implantées sur le territoire américain, subissant la sécheresse en Californie comme les inondations au Texas, ou qu’elles aient des antennes partout dans le monde, expliquent plusieurs entreprises, lors d’une conférence de presse téléphonique, mercredi 20 avril 2016. “Une météo extrême a un impact sur nos affaires. Une inondation au Pakistan joue sur la culture du coton et trouble la chaîne d’approvisionnement avec un coût social énorme”, illustre ainsi Steve Howard, responsable du développement durable pour le fabricant de mobilier Ikea. “L’ouragan Sandy [en 2012 aux États-Unis] a causé la fermeture de quatre de nos magasins, soit une perte de 9 millions de dollars pour l’entreprise, mais aussi un impact à long terme pour nos collègues à Brooklyn et le reste de la communauté. Les risques pour les entreprises d’un changement climatique en roue libre ne sont gérables par aucune entreprise, quel que soit son secteur.”

Efficacité, économie et innovation

“Cela va bien au-delà du changement climatique”, explique Michael Terrell, conseiller en politique énergétique et durable chez Google. “Investir dans les énergies vertes présente de nombreux avantages pour les boîtes : cela permet des économies de dépenses, aide à diversifier les sources d’énergie et encourage l’innovation et la croissance économique dans toutes les régions où nous opérons.” Selon Steve Howard, “il y a toujours moyen de défendre le zéro carbone, que ce soit pour l’efficacité énergétique, l’argent, l’innovation dans les produits et les services…”

“Nous nous sommes donc engagés à utiliser 100 % d’énergies renouvelables d’ici à 2020”, note-t-il, se félicitant qu’Ikea soit en bonne voie pour atteindre cet objectif. “Nous avons 29 parcs d’éoliennes et avons installé plus de 700 000 panneaux solaires sur nos magasins et nos centres de distribution. Nous sommes aujourd’hui à 70 % d’énergies renouvelables.” Mentionnant également la transition vers les ampoules LED, Steve Howard démontre qu’il ne s’agit pas seulement d’un effort au niveau du siège social : “nous nous penchons sur toute la chaîne de fabrication”, précise-t-il.

Google, le plus grand acheteur d’ENR dans le monde

Google s’est également engagé à cet objectif de 100 % d’énergies renouvelables et signe des contrats à travers le monde pour acheter de l’énergie solaire et éolienne, selon Michael Terrell (lire sur AEF). “Il y a trois, quatre ans, l’achat d’énergies renouvelables par les entreprises ne représentait que quelques centaines de mégawatts, contre 3 000 mégawatts l’an dernier. C’est encourageant !" Google a investi 2,5 milliards de dollars de capital dans ces projets, chiffre-t-il. “Nous avons signé pour nous procurer plus de 2 gigawatts d’énergies renouvelables, ce qui fait de Google le plus grand acheteur d’énergies renouvelables au monde.”

“En Inde, nous avons maintenant des ventes aux enchères pour ces énergies renouvelables”, explique Anirban Ghosh, responsable du développement durable chez Mahindra & Mahindra, une fédération d’entreprises indiennes d’une vingtaine d’industries différentes, pour une valeur de 17 milliards de dollars. “Un participant vient juste de s’engager à vendre de l’énergie renouvelable à environ 7 centimes l’unité. Soit environ un quart du prix d’il y a moins de deux ans.” L’Indien en a profité pour expliquer que “même si les nations en développement ne sont pas les principaux contributeurs au problème climatique actuel, ils seront les moteurs de la croissance mondiale de demain et doivent suivre les efforts de réduction des émissions de carbone”.

Des centaines d’entreprises mobilisées

Pour Edward Cameron, responsable des politiques à "We Mean Business" et directeur exécutif de BSR, le mouvement est d’ampleur : “Au sein de notre seule communauté "We Mean Business", près de 400 entreprises, représentant environ 8 000 milliards de dollars de chiffre d’affaires, et 183 investisseurs qui gèrent 20 000 milliards de dollars, s’engagent pour le climat.”

La signature de l’accord de Paris, cela étant, n’est perçue que comme un point de départ. “L’heure est venue de mettre les muscles derrière ces politiques”, formule Mindy Lubber, présidente de l’organisation Ceres. “La prochaine étape d’une mise en place réussie est l’exécution. Nous avons un document de 35 pages qui a une vision et un objectif remarquables, maintenant il faut s’attaquer au terrain, aux lois, et au changement au sein des entreprises et des investissements pour s’assurer que l’accord de Paris est une réalité.”

À l’échelle des États-Unis, pour elle, cela passe d’abord par le respect du Clean power plan de Barack Obama et des régulations de l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA), “comme s’y engagent 110 petites, moyennes et grandes entreprises telles que Starbucks, Kellogg’s, Hewlett Packard… Elles parlent toutes d’une même voix pour dire qu’on veut une économie efficace, propre, et à faible émission de carbone”, en signant une déclaration soutenant l’accord de Paris et le Clean power plan : “Business backs low-carbon USA”. Nike, Unilever, Nestlé, L’Oréal, Adidas, Dupont et Johnson & Johnson sont également parmi les signataires.

(1) "We Mean Business" regroupe BSR, CDP, Ceres, B Team, The Climate group, The Prince of Wales corporate leaders group et le WBCSD.

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