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BSR et la Fondation Rockefeller lancent une coalition pour promouvoir les avantages du recrutement inclusif

AEF DÉVELOPPEMENT DURABLE | janvier 2017

Par Sabrina Dourlens. Diffusion avec l'aimable autorisation d'AEF Développement Durable.

La nouvelle coalition d’entreprises GISC (Global impact sourcing coalition) a été lancée par BSR et la Fondation Rockefeller le 13 septembre 2016 en Afrique du Sud. Elle s’est donnée pour mission de construire des chaînes d’approvisionnement plus inclusives en encourageant l’adoption à grande échelle de l'"impact sourcing", approche de recrutement plus inclusive. Mamadou Biteye, directeur général pour la région Afrique de la Fondation Rockefeller, explique le principe et les avantages de cette démarche qui consiste à embaucher et offrir des opportunités de développement professionnel à des personnes qui sans cela auraient des perspectives d’emploi plus limitées, notamment les jeunes, les minorités et les personnes handicapées.

AEF : Pourquoi la fondation Rockefeller s’intéresse à cette problématique du recrutement inclusif ?

Mamadou Biteye : La fondation a mis en place depuis quelques années le programme Digital jobs Africa, qui s’attache à trouver une solution au problème de l’emploi des jeunes. En Afrique, la croissance démographique est plus rapide que la croissance économique, ce qui est une bombe à retardement mais aussi une opportunité d’avoir une force de travail jeune. Nous travaillons avec les entreprises africaines et multinationales pour changer la manière dont elles recrutent leurs employés. La coalition en partenariat avec BSR promeut l’impact sourcing au niveau mondial : c’est une approche de recrutement plus inclusive qui permet de réduire l’exclusion.

AEF : Quel est l’intérêt pour les entreprises de recruter ce type de public défavorisé ?

Mamadou Biteye : Une analyse menée par Everest montre que cette pratique d’impact sourcing génère plusieurs avantages. L’un des avantages directs est la réduction des coûts : cela réduit le problème du turn-over d’environ 40 % et donc le coût pour remplacer et former les nouveaux. Les travailleurs recrutés par l’impact sourcing sont généralement de performance égale ou supérieure à long terme, même s’ils viennent de milieux défavorisés ou sont en situation de handicap. Ils ont tendance à être plus engagés dans le travail. Par ailleurs, avoir un pool de talents élargi à disposition permet de diminuer l’inflation des salaires. En termes de RSE, cela donne aussi aux entreprises une licence sociale pour opérer dans d’autres pays car elle contribue ainsi au développement de la communauté.

AEF : Comment savoir à partir de quand il s’agit d’impact sourcing ?

Mamadou Biteye : Il y a un besoin de standardisation, de définition de l’impact sourcing. Car la perception d’un employé fragile ou défavorisé diffère d’un pays à l’autre. Par exemple, les femmes sont marginalisées dans certains marchés comme en Arabie Saoudite, alors que dans d’autres cela n’aurait pas de sens de les faire entrer dans les catégories de l’impact sourcing. Dans certains pays comme aux États-Unis, les caractéristiques ethniques des employés sont communiquées, alors que dans d’autres non. Nous avons suggéré une définition basique grâce au dénominateur commun - les chômeurs de longue durée - auxquels nous ajoutons les jeunes en quête d’un premier emploi.

AEF : Quel sera le rôle de la coalition ? Pensez-vous que ce mouvement prendra ?

Mamadou Biteye : Plus de 39 entreprises mondiales et sud-africaines souhaitent rejoindre la coalition, une vingtaine l’a déjà fait (dont deux Françaises, Teleperformance et EOA France) (1). L’association BSR sert de secrétariat à la coalition, elle coordonne les échanges et développe des instruments. BSR permet de promouvoir ces pratiques au niveau mondial, alors que la fondation se concentre sur l’Afrique où le problème est plus fort. Il s’agit d’une pratique naissante, les entreprises n’ont pas toujours conscience. Certaines entreprises, comme Orange, en font déjà mais n’en ont pas toujours conscience ou ne l’appellent pas de la même manière. Il faut amener les entreprises à apprendre les unes des autres, développer des outils, des indicateurs. C’est quelque chose que les entreprises peuvent faire partout, même dans leur propre pays.

La place des politiques et des incitations est importante dans cette phase. Cela connaît déjà un beau succès en Afrique du Sud. La législation post-apartheid sur la discrimination positive permet de faire avancer l’impact sourcing. Aux États-Unis, on se sert de l’impact sourcing pour redynamiser l’emploi dans des États où le taux de chômage est fort comme le Michigan. Cela pourrait créer des opportunités en Europe, où le taux de natalité est en chute, ainsi que la main d’œuvre.

Nous verrons dans les trois prochaines années une croissance rapide. Mais quelque chose ne fonctionne pas, il faut diversifier les recrutements. Cette démarche est aussi en phase avec l’ambition d’éradiquer la pauvreté avec les ODD (objectifs de développement durable), notamment l’objectif n°8 sur le travail décent.

 

"Une démarche qui se prête bien au secteur du service"

"L’impact sourcing se prête bien au secteur du service qui pratique beaucoup l’externalisation à l’image des banques, des opérateurs téléphoniques qui ont des centrales d’appels, de comptabilité ou d’informatique", explique à AEF Peder Michael Pruzan-Jorgensen, vice-président de BSR. "Du côté des acheteurs, il y a un manque de conscience. Pourquoi investiraient-ils dans quelqu’un qui est sans emploi. Il faut travailler avec eux sur les offres et contrats, dans lesquels certains critères, qui ne sont pas forcément nécessaires, excluent une partie des travailleurs. Quant aux fournisseurs de service, il faut les aider à standardiser leur manière de recruter et de former les employés. L’idéal est d’avoir un système avec des intermédiaires qui fournissent une formation de 6 semaines pour donner les compétences fondamentales aux futurs employés afin qu’ils soient capables de prendre l’emploi et de le garder."

 

(1) Parmi les membres fondateurs : Aegis, Alorica, Arvato, Digital Divide Data, Datamotivate, EXL, Merchants, Nielson, Samasource, Sutherland, Global Services, Tech Mahindra, Teleperformance, Techno Brain Group, Vodacom, Webhelp South Africa, Associate members Avasant Foundation, Harambee Youth Employment Accelerator, IAOP, et Maharishi Institute.

 


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