La récente mise en examen de Stéphane Richard, PDG d’Orange, vient poser une nouvelle fois la question de la responsabilité des dirigeants et de l’exemplarité attendue d’eux. Mais comment définir un leader responsable ?

J’assistais récemment à la 14e Assemblée générale de la GRLI (Global Responsible Leadership Initiative) au Sun Essec 2013. Les questions posées lors de cet évènement cherchaient à comprendre comment envisager l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants responsables. Une interrogation d’actualité puisque les récents scandales (affaire Cahuzac, le PDG d’Orange, etc.) ainsi que le vote visant à limiter (voire supprimer) les bonus par la Suisse nous poussent à définir précisément ce que nous entendons par leadership responsable.

Cette aspiration à une responsabilité accrue des dirigeants fait évidemment suite à ces scandales à répétition et résonne avec une suspicion croissante de l’opinion publique. Si certains pays choisissent de répondre à la question de manière réglementaire, la France semble privilégier la piste du consensus et de la démarche volontaire. L’AFEP et le MEDEF prônant le “Say on Pay” qui consiste à laisser les entreprises s’autoréguler en permettant aux actionnaires de décider, via un vote consultatif, de la rémunération des dirigeants.

Notons dès à présent que la notion de leader responsable ne vise pas seulement le PDG d’une entreprise, mais englobe plus largement l’encadrement, la population des cadres dirigeants. Les membres de mon organisation, nous sollicitent très souvent pour tenter de répondre à cette question tant le concept semble difficile à cerner. Un premier élément de réponse consiste à se poser les bonnes questions, plus particulièrement 4 qui constituent le socle de la réflexion :

Contexte

Est-ce que le dirigeant est capable de comprendre l’environnement socio-économique dans lequel son entreprise évolue ? Cela englobe ce qui acceptable ou pas, mais aussi les facteurs non financiers (environnementaux, sociaux, etc.) qui viennent impacter la performance financière. Le dirigeant doit décrypter des situations toujours plus complexes.

Cohérence des systèmes de management

Dans quelle mesure le dirigeant évolue-t-il dans un environnement l’incitant à être responsable ? Est-ce que son Conseil d’Administration l’interroge ? Est-ce que les systèmes de mesure de la performance du dirigeant tiennent compte de sa capacité à agir de manière responsable ? Est-il promu et récompensé pour sa performance responsable ?

Empathie

Une qualité souvent oubliée, mais primordiale dans le cas d’un dirigeant. Dans quelle mesure incarne-t-il des valeurs de respect et d’exemplarité ?

Quelques questions finalement simples, mais qui doivent amener les dirigeants à beaucoup d’humilité et à assumer un rôle dans lequel l’exercice du leadership est autant incarné par l’exemplarité personnelle que par la capacité du dirigeant à donner un cap économique cohérent avec les enjeux socio-économiques et environnementaux de notre temps, facteur de performance et d’innovation.